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ASSEMBLÉE NATIONALE | Une session sous haute tension s'ouvre avec un nouvelle visage au perchoir

Njila Boris

Njila Boris

March 2026

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Yaoundé, 10 mars 2026 — La première session ordinaire de l'année législative 2026 s'est officiellement ouverte ce mardi à l'Assemblée nationale, dans un contexte politique particulièrement chargé. Une session dont les enjeux dépassent de loin l'ordre du jour habituel.

Mais avant les débats, c'est une page d'histoire parlementaire qui s'est tournée. C'est désormais l'Honorable Marlyse Soppo Toute qui assure les fonctions de doyenne d'âge de la Chambre basse. Elle succède à une figure que l'hémicycle n'oubliera pas de sitôt.

L'Assemblée nationale devait en effet se choisir un nouveau doyen d'âge après le décès, le 22 janvier 2026, à l'âge de 81 ans, de celle qui occupait la fonction, Laurentine Koa Mfegue veuve Mbede. La séance d'ouverture a débuté par une minute de silence observée en sa mémoire, saluant en elle, selon les termes mêmes de la nouvelle doyenne, une parlementaire accomplie et une femme d'une rare trempe.

 

Élue sous la bannière du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, Marlyse Soppo Toute siège également au Conseil supérieur de la magistrature depuis 2020. Cette double casquette de parlementaire et de juriste lui confère une connaissance fine des arcanes à la fois judiciaires et législatifs. Âgée d'environ 79 ans, elle préside le bureau provisoire jusqu'à l'élection du bureau définitif, prochaine étape cruciale de cette session.

Car le temps presse. Le mandat des députés, prorogé par une loi promulguée en juillet 2024, expire théoriquement le 30 mars prochain. La session s'ouvre donc avec une épée de Damoclès institutionnelle au-dessus de la chambre basse.

À cela s'ajoute la question des élections législatives et municipales, toujours sans date ferme. Dans son discours à la jeunesse le 10 février dernier, le chef de l'État a évoqué un léger réajustement du calendrier électoral, sans plus de précisions. Or la Constitution est sans ambiguïté : toute prorogation du mandat des députés doit être votée exclusivement par l'Assemblée nationale elle-même. Ce texte pourrait donc s'inviter à l'agenda de cette session de 30 jours.

L'élection du bureau définitif, le sort du mandat des élus et la question électorale cristallisent ainsi les attentions et font de cette session l'une des plus attendues depuis plusieurs années. Le contexte général n'arrange rien : coût de la vie en hausse, situation sécuritaire toujours fragile dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et une opinion publique de plus en plus exigeante vis-à-vis de ses représentants.

La prochaine étape sera donc l'élection du bureau permanent de l'Assemblée nationale. Sauf grande surprise, Cavaye Yeguié Djibril, 86 ans, dont déjà plus de trois décennies à la tête de la chambre basse, devrait être reconduit à la présidence. Mais dans ce climat d'incertitude institutionnelle, même les certitudes méritent d'être surveillées de près.

La session de mars 2026 a bel et bien commencé. Le compte à rebours aussi.