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L'ASSEMBLÉE NATIONALE REND UN DERNIER HOMMAGE À LAURENTINE KOA MFEGUE, DOYENNE D'ÂGE ET PARLEMENTAIRE HORS DU COMMUN

Il y a des cérémonies qui résistent au protocole. Celle qui s'est tenue ce jour à la Maison en Verre Paul Biya, siège de l'Assemblée nationale, était de celles-là. Solennelle sans être froide, émouvante sans perdre sa dignité, la cérémonie d'hommage à la regrettée doyenne d'âge de la chambre basse, l'honorable Laurentine Koa Mfegue, a réuni l'institution parlementaire tout entière autour d'une seule certitude : la disparue laisse un vide que les mots peinent à mesurer.
La présence du Très Honorable Datouo Théodore, tout nouveau président de l'Assemblée nationale, donnait à la cérémonie une dimension particulière. Pour un homme qui vient à peine de prendre la tête de l'institution, choisir de présider personnellement cet hommage constituait un geste fort, celui d'un chef qui reconnaît et honore ce qui précède son propre passage au perchoir.
La cérémonie s'est ouverte par une messe courte mais recueillie, suivie d'une projection vidéo retraçant le parcours de la défunte au sein de l'Assemblée nationale, un portrait en images d'une femme qui avait fait de la chambre basse sa seconde maison depuis 2013.
Les prises de parole se sont ensuite succédé, chacune apportant sa pierre à un édifice mémoriel collectif. Le chef de famille, M. Jean-Luc Mbede, a ouvert le bal des témoignages, avant de céder la parole à l'honorable Banmi Emmanuel, président de la Commission des Affaires étrangères dont faisait partie la défunte. L'honorable Bindoua Mathurin, secrétaire général du Groupe d'Amitié Parlementaire Cameroun-Japon, lui a succédé, rappelant le rôle de la doyenne au sein de ce réseau diplomatique parlementaire. Un geste symbolique a d'ailleurs ponctué ce moment : l'ambassadeur du Japon au Cameroun a déposé une gerbe de fleurs en hommage à celle qui avait contribué à tisser les liens entre les deux pays.
Les émotions ont atteint un autre palier avec l'intervention de l'honorable Pokossy Doumbé, première vice-présidente du Réseau des Femmes Parlementaires à l'Assemblée nationale, dont le discours a mis en lumière la place singulière qu'occupait Laurentine Koa Mfegue parmi ses consœurs élues. L'honorable François Xavier Mpon a ensuite pris la parole au nom du Réseau des Parlementaires pour la Diaspora, la Décentralisation et la Coopération Transfrontalière, provoquant de vifs applaudissements en retraçant les contributions remarquables de la défunte aux travaux du réseau.
C'est ensuite la nouvelle doyenne d'âge de l'Assemblée nationale, l'honorable Marlyse Soppo Toute, qui a prononcé son allocution, rendant hommage à celle dont elle a hérité la fonction dans des circonstances douloureuses. La séquence des discours s'est conclue avec l'intervention de l'honorable Roger Melingui, chef du groupe parlementaire RDPC, dont les mots ont clos ce premier temps fort de la cérémonie.
De chaque prise de parole s'est dégagée la même conviction : Laurentine Koa Mfegue était bien plus qu'une parlementaire. Elle était un monument intellectuel, une référence morale et une présence dont l'absence se fera sentir bien au-delà des murs de la chambre basse.
Après les discours, les membres de l'Assemblée nationale se sont levés pour défiler devant le cercueil, conduits par le président Datouo Théodore. Un dernier geste de respect, silencieux et collectif, avant que la cérémonie ne s'achève par une garde d'honneur rendue aux dépouilles mortelles de la défunte, dont le cercueil a quitté pour la dernière fois l'enceinte de la Maison en Verre Paul Biya.
Elle avait entamé son parcours parlementaire en 2013. Elle le termine dans la dignité et les larmes de ceux qu'elle a marqués. Reposez en paix, Très Honorable Doyenne.